vendredi 4 février 2011

L'Etoile Noire

L’Etoile Noire

Si j’ai toujours plus ou moins été passager de ma vie, c’était pour ne pas voir de siège vide.
Dans mon vaisseau spatial, je dis bonjour à la lune et je n’ai plus à me plaindre.
Si j’ai toujours été en retard avant les autres, c’était pour mieux avoir du recul.

Infiltrer l’étoile noire, la détruire de l’intérieur…
Infiltrer l’étoile noire, la détruire de l’intérieur…
Trois fois
Jusqu’à ce qu’elle cède.

Si je suis parti si loin dans l’espace, ce n’était pas pour vous fuir, c’était pour vous voir tous à la fois.
Dans mon vaisseau spatial, j’ai une vue d’ensemble, un panorama complet sur cette planète.
Si je me suis toujours senti extraterrestre, c’est peut-être que j’en étais un.


Crachant mes poumons dans l’atmosphère, je me sens encore flotter
Si les prix ont baissé au supermarché, je pourrai m’acheter de l’intérêt.
Je regarde par les hublots défiler les étoiles, comme les larmes des anciens partisans du malheur facile.
Il n’y a plus de solution dans l’espace, il n’y a plus de rêve dans la stratosphère.
Je crois qu’il n’y a plus de marchands d’armes sur la voie lactée…

Si je suis parti si jeune, c’était parce que je pensais avoir une mission


Infiltrer l’étoile noire, la détruire de l’intérieur…
Infiltré par l’étoile noire, je suis détruit de l’intérieur.

Le Parc de la Mairie

Le Parc de la Mairie

Filles en marinières 
dans le parc hier
salades de thon
et tomates
Nuages et plats de pâtes
Kilos à perdre sur la liste
Clown bourré déjà triste

Gâteaux d'anniversaire
foutus en l'air
Brochures touristiques
prix arithmétiques

On se pendra avant
la venue de Godot
Dans la terre secouée
par les rires des marmots
Je sens la tourmente
et le renouveau

MP3 qui empiètent
sur les pigeons et les miettes
attente infinie 
ciel bleu et nuages gris
C'est la fin du début de la semaine
Je me démène
en me reposant
au parc de la mairie

Tangente Conformiste, Mondialisée

Tangente Conformiste, Mondialisée

Perte de repère
Carte périmée
Dans les couloirs
Des Autochtones
Air de guitare
Air de guitare
Dans les couloirs
Où ça foisonne
Je n’en sais rien
Je ne sème rien
Récolte le pire
Récolte l’ennui
Et regarde un peu tomber la pluie

Continental
Continental
Incontinent
Incontinent
Blocs de ciment
L’enfer me ment
Encore des cubes
Ça te fait pas peur ?
Encore des cubes
Des cubes en cœur
Et regarde un peu tourner l’horreur

Pourquoi tout ça ?
Pourquoi tout ça ?
Ferme la fenêtre 
Ouvre ton coma
Cherche pas comment traverser le brouillard
Parie ta vie sur un coup de billard
Glace les trains
Trace les grains
Poussière poussière
Et ouragan
On ne pousse jamais rien en chantant

C’est sans doute la fin
Sans doute la fin
Consume toi
Consomme toi
Tourne la page
Tourne la rage
Et laisse enfin passer les gens
Et laisse enfin passer le temps

Déprime Tiède et Ticket de Caisse

Déprime Tiède et Ticket de Caisse

Un jour un déçu de la vie et de l'amour dit à son crâne de koala dans le salon, celui qui était peint en rose car ça lui rappelait quelqu'un, il lui dit, en fixant bizarrement ses orbites vides, noires comme le néant de son amour propre, il lui dit, comme s'il parlait à son ex copine, il lui dit:

"Il faudra bien que tu payes la location de tous les films bidons pour lesquels j'ai versé tant de larmes
Il faudra bien que tu payes toute la sécurité, verrouillée autour de mon cœur, tous les systèmes d'alarme.

Je t'amènerai la liste des courses et mes tickets de caisse, tu me rembourseras le whisky...
Je te présenterai à mon banquier si tu te bouges les fesses, il te fera son sermon favori.

Tu me feras penser à te dire aussi, tout le mal que je pense des mouchoirs en papier de chez Leclerc
qui n'arrive pas à éponger mes pleurs, ni à les retenir, ni à me faire passer la douleur c'est clair...

Je zapperai les feux de l'amour, les clips d'amour, les séries d'amour, et même les pommes d'amour.
Je boycotterai les manèges, le ciné où la place vide à côté de moi se fout de ma gueule, comme toujours...

Tu viendras passer la serpillière, éponger le sang de ma dignité, achevée à la serpe hier...
J'ai aussi besoin de soins à domicile, j'ai le cerveau qui prend l'eau et les pensées en arrière."

Le crâne peint en rose de koala du salon qui lui faisait penser à quelqu'un et à qui il s'adressait comme à son ex copine ne lui répondit rien. Rien à part un grognement bizarre, qui venait en fait de son estomac à lui, le déçu de la vie et de l'amour, qui n'avait rien mangé depuis plusieurs jours et qui se dirigea donc d'un pas diplomatique, prudent et acrobatique vers le frigo d'où il sortit une pizza plastifiée et un pot de glace qui avait bien morflé. 15 minutes au micro ondes plus tard, il étala la glace sur la pizza récemment réchauffée, puis il s'évanouit dans son vomi...

Conte de l'Absurde Ordinaire N°1

Conte de l’Absurde Ordinaire N°1


J'ai entendu pendant très longtemps, une voix qui n'était pas la mienne, me susurrer à l'oreille des incantations en hébreux. Qu'est ce que j'en ai fais? Des emballages pour barres chocolatées qui maintenant font un tabac plus grand que les cigarettes au cacao, je suis devenu un sultan de la drogue...

Dans la forêt du coin ou bien celle d'en face, j'ai brisé les miroirs, en chantant très fort la chanson de la tornade en espérant que ça marche. Je me suis retrouvé en face d'un enfant lyre qui ne savait pas lire. Juste jouer des notes incroyablement belles qui me semblaient destinées. Elles ne faisaient en fait que l'éloge d'une maîtresse, d'une beauté imparable. Je n'ai d'ailleurs pas pu tout de suite la parer j'ai du encaisser.
Il y avait dans son regard quelque chose de curieux qui est sorti sans prévenir une de ces pieuvres cœurs sadiques qui ont essayé de me tentaculer, eux qui aimeraient tant t'enculer, à la moindre occasion.

Un réveil assez brutal quand j'ai vu dans ma chambre, tous les restes de pizza accrochés aux murs qui chantaient Dalida. Assourdi par tant d'horreur musicale, j'ai attrapé ma foi, celle qui existe en sachet et j'ai tout nettoyé.
Mes doutes, mes ambitions, les vieux démons, mes craintes peintes à l'encre invisible qui tachent malgré tout mon tapis.

Mes sens s'envolèrent avec sensualité, des serpents surfeurs du Sahara les saluèrent. Et moi, au milieu de tout ça, je suis resté pantois, pantin de bois, emmêlé dans lui même. Quel fiasco, quel échec... je n'ai pas pu me battre, mon ombre se marre en lisant des blagues salaces... Mais les blagues salaces ça lasse et elle a vite trouvé une autre occupation en me bottant le cul.

Il n'y a pas de moralité gentille à cette histoire qui ne veut rien dire, mais il y sûrement un moyen de se faire un bon paquet de fric en la faisant passer pour de l'art. 

Monstro Débile

Monstro Débile

Là où il passe les enfants chialent
Et laissent tomber leur glaces
En demandant leurs parents
Qui le détestent déjà
Ils l'appellent le Monstro Débile
Lui jettent des cailloux
Comme on lui en jetait déjà dans la cour de récréé
Cour martiale de l'enfance
A coup de gravats on fait justice
Le Monstro Débile
Et son visage Bouffi
Bouffé par l'alcool
Ses croûtes qui se forment
Sur une tête grasse
Ne sait plus pourquoi il vit
Sans penser au suicide
Il ne sait juste plus
Se contente de vivre
Et de saisir par la main les injures qu'on lui tend
En lieu et place
De bouquets de fleurs
Des insultes dégueulasses
Ricochent sur son coeur enfoui
Sous une pile de graisse
De cloques, de furoncles
D'abandon et d'envie
Le Monstro Débile
Seul avec son chien
Qui ne verra jamais
Combien il est moche
Et combien il est détruit
A l'origine ou depuis
Qu'on le traite en caniveaux
Et en égout
Dégoût
Rien que de se mettre à sa place
Fait surgir hors de moi,
La rage des meurtriers
Incompris
Et solitaires
Sans pourtant
Aucune vraie excuse

Spaghettis, Boulettes et Sauces

Spaghettis, Boulettes et Sauce

Quand tu veux tu balances la sauce !
Tu décides si tu veux que ça explose
Au début, déguisé sous du gloss
Qui aurait cru qu’on finirait dans la fosse
Et que cette vérité serait aussi fausse
Qu’un plat de Spaghettis, Boulettes et Sauces

Préviens moi si tu préfères que je m’en aille
Aère un peu si ça sent trop la graille
J’espère que ça n’attirera pas la flicaille
Qu’on s’en tirera avant que ça déraille
Gilets pare-balles voire côtes de mailles
Quand ça arrache, Spaghettis, Boulettes et Sauce à l’ail


Il semble qu’on ait tous fait une grosse boulette
A croire que la vie n’était qu’une longue fête
Mais rassure toi un jour tout s’arrête
Un prêtre aveugle jonglera avec nos têtes
Le monde à l’envers, personne ne saura où se mettre
Quand l’Enfer sera un plat de Spaghettis, Sauce et Boulettes

Ça brûlera le fond de ta gorge, pardi !
T’auras beau chercher, tu trouveras pas tes amis
Ils seront perdus eux aussi et pas au Paradis
Ni en Enfer mais bien sur Terre, cette grosse bouillie
D’idéaux foireux, de crimes, de désirs et d’ennui
Aussi attirante malgré tout, qu’un plat de Spaghettis